Le Festival des NMA

 

De mi-juillet à mi-août, les plus grands artistes internationaux se mêlent à de jeunes talents pour faire vivre les plus beaux lieux du patrimoine gersois.

Ainsi, les remparts de Lectoure, la cathédrale de Condom, l’église de Terraube ou encore l’Abbaye de Flaran accueillent l’Orchestre National du Capitole, les Danseurs de l’Opéra de Paris, des récitals des plus grands solistes, mais aussi des créations d’opéras et autres spectacles lyriques “élevés en plein Gers”, et plus récemment des concerts de jazz, des soirées “cabaret lyrique”, des actions jeune public et en EHPAD, des sessions chorales et autres masterclasses.

A partir de 2019, les Nuits Musicales en Armagnac sont à le fois un festival, une compagnie de production et une académie lyrique.

Histoire du festival

 

Les N.M.A. sont nées voici cinquante ans du désir d’aventure et d’ouverture d’un chœur gersois, l’E.V.A. et de son chef -fondateur André Clarac, conjuguant leur amour de la musique et celui de leur département. Le chœur, crée à la Noël 1962 à Vic-Fezensac, devenu en quelques années un grand ensemble vocal départemental de 120 choristes, chantait déjà, localement et régionalement, au rythme de trois saisons, de l’automne au printemps.

 

André Clarac souhaita élargir à l’été le partage des plaisirs musicaux, en accueillant de plus grandes formations pour un plus vaste public de gersois et de vacanciers : dans ce but, il tissa des liens avec les Sessions Internationales de Saint-Céré, où règnait ce formidable et merveilleux mélange d’amateurs et de professionnels qu’il recherchait, et les attira dans le Gers : la 1ère Nuit Musicale en Armagnac eut lieu en 1968 dans l’abbaye de Flaran, abbaye cistercienne au milieu des champs, fleuron patrimonial en devenir, alors encore propriété privée, préparée avec enthousiasme par les choristes de l’Armagnac pour une inoubliable « Passion selon Saint-Jean » de Bach!

 

Pendant dix ans, l’abbaye de Flaran, puis la cathédrale de Condom accueillirent des solistes et des chefs renommés, ainsi que de larges formations chorales et instrumentales, pour de grands concerts organisés par les NMA avec le soutien généreux et constant du département du Gers. André Clarac souhaitait aller plus loin et créer des Sessions d’échange et de pratique active de la musique dans le Gers. L’occasion fut fournie en 1978 lorsque la restauration de l’abbaye de Flaran, devenue propriété départementale, entra dans sa phase finale : Jean-Claude Casadesus qui avait déjà conduit à Condom, la 9ème de Beethoven (1970), le Requiem de Mozart (1973), le Requiem de Verdi (1974) y dirigea un « Cosi fan tutte » de Mozart mémorable : l’intérêt suscité et le succès de l’entreprise incitèrent à créer dès l’été 1979 un foyer musical, et chorégraphique à ses débuts, digne des lieux, ainsi que de l’hospitalité de la ville de Condom, devenu siège social des NMA.

 

Les Sessions rayonnèrent dans tout le département : entre quinze et vingt concerts furent organisés dans des communes différentes chaque année en été, jusqu’en 1986, année de la mort d’André Clarac. En sa mémoire, Michel Plasson et l’Orchestre National du Capitole de Toulouse donnèrent une émouvante « Messe de Sainte-Cécile » de Gounod à la cathédrale de Condom.

Les NMA poursuivirent l’œuvre : l’équipe soudée et enthousiaste, autour de Claude Ballario, Jean Bréna, Pierre Gardeil, auxquels s’est jointe désormais Annie Tobie-Clarac comme présidente, maintient la flamme ! Mais les temps ont changé, l’heure n’est plus au débroussaillage d’une abbaye à demi en ruines…les festivals fleurissent l’été avec le développement touristique à la campagne, l’écoute musicale se fait de plus en plus exigeante et le Gers ne dispose guère pour lieux de concerts que des monuments historiques où installation d’un public et acoustique posent de multiples problèmes. Qu’à cela ne tienne ! Les NMA s’efforcent d’adapter plus encore les œuvres aux espaces existants : à Flaran, on vient écouter un récital de piano dans le cloître, là où aucune résonance ne trouble l’audition et l’émotion née entre l’interprète inspiré par les lieux et son public, tandis que les voix du plein chant grégorien ou de la polyphonie médiévale trouvent leur juste écho dans l’espace intérieur de l’abbatiale…

 

Les grandes symphonies et oratorios sont réservés aux cathédrales de Condom et Lectoure : après ceux de Saint-Céré, les grands choeurs et orchestres de Musique en Guyenne emplissent les nefs et comblent les publics. De nouveaux lieux se révèlent de précieuses « salles » de concerts pour les voix et les ensembles instrumentaux : cours des châteaux de Cassaigne et Lacassagne, églises de Lialores et de Terraube, Hôtel de Ville de Lectoure…. Les noms d’immenses artistes éclairent les « Nuits » : nous ne saurions les citer tous…, tandis que la palette de la programmation classique, et parfois contemporaine, s’élargit encore : grâce à Jean-François Gardeil, baryton et metteur en scène, l’opéra entre aux NMA : après 1991 et l’évocation magique des « Voix de Mozart », des sessions renaissent pour de nouvelles créations et de nouveaux plaisirs ; autour de Monteverdi, Charpentier, Offenbach, ou Poulenc, autant de spectacles complets , musicaux et scéniques, auxquels « Les Chants de Garonne » donnent tout leur art et leur passion.

 

Les NMA affirment en même temps leurs liens avec la région Midi-Pyrénées qui les soutient : l’O.N.C.T. est venu donner quinze splendides concerts ; l’Orchestre de Chambre de Toulouse, l’Orchestre Baroque de Montauban avec Jean-Marc Andrieu, l’Ensemble Organum et Marcel Pérès établis à Moissac, les Sacqueboutiers, les Jeunes talents du Conservatoire de Toulouse, et bien d’autres artistes de la région, ont été très souvent invités.

Avec la région Aquitaine toute proche aussi, les liens sont multiples : Bordeaux, Pau, Agen, Nérac, Monflanquin… Les NMA sont restées soucieuses de respecter les autres manifestations culturelles qui se sont multipliées au fil des années, ou de travailler en partenariat avec celles qui sont, comme elles, organisatrices de concerts dans le même espace du nord du département du Gers : Amis de Flaran, Humanisme en Fezensac, Académie des Sources…

 

Telles furent les lignes d’action des NMA depuis près d’un quart de siècle. Pierre Gardeil, qui président depuis 2005, en fut l’une des âmes les plus hautes : il reçut de Béatrice Uria Monzon et Michel Serres réunis pour leur maître et ami, l’hommage d’un concert extraordinaire le 14 août 2011. Emmanuel Pélaprat président de 2008 à 2011, puis Laurent Cuzacq en 2012, avec Jean-François Gardeil comme conseiller artistique, ont pris la relève pour que le festival reste fidèle à sa tradition d’ouverture et de partage de beaux plaisirs musicaux. En 2018, le baryton Philippe Estèphe, ayant fait ses débuts sur scène au sein du festival, reprend la direction des NMA.

 

Tradition, ouverture, plaisirs partagés, ne retrouve-t-on pas là, l’empreinte du pays de l’Armagnac !

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