BACH : Danse Sacrée

Dimanche 11 août 2019 à 15h Abbaye de Flaran

En collaboration avec les Amis de Flaran

 

Cristelle Gouffé, mezzo-soprano
Estelle Besingrand, violoncelle
Jean-Michel Feix, accordéon 
Faustine Gardeil, danse et chorégraphie

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Cantate BWV 82 Ich habe genug et autres œuvres de J-S Bach

Tarifs : 20 € et 10€

* : demi-tarif accordé aux étudiants, 

demandeurs d'emploi, titulaires du pass culturel.

gratuité pour les enfants de mois de 7 ans accompagnés.

Ich habe genug

 

Il n’est pas aisé de traduire le titre de la cantate 82 : mot pour mot, “Ich habe genug” signifie “j’ai assez”. Sachant que le thème de cette oeuvre est le chemin vers la mort, on peut comprendre dans ces mots à la fois une plainte, “j’en ai assez, je n’en peux plus” ou bien un contentement, “je suis comblé”. Cette ambiguïté, au premier abord contradictoire, trouve tout son sens dans la musique de Bach qui traite, en trois airs radicalement différents, de l’état d’une âme à l’approche de la mort : le gémissement tout d’abord du mourant dont le corps souffrant est devenu un poids, puis une acceptation sereine et confiante de ce repos proche dans le deuxième air d’une grande douceur (“Fermez-vous, mes yeux fatigués…”) pour finir par un enthousiasme quasi euphorique dans le dernier air où l’âme du protagoniste semble vouloir courir dans les bras de son Père.

La danse comme art sacré

 

Dans la plupart des cultures à travers le monde, la danse, comme le chant, sont des modes d’expressions spirituels systématiques et indissociables. Cependant, dans les religions chrétiennes, la danse semble ne pas avoir suivi le raffinement progressif des “arts sacrés”, de telle sorte que, dans l’histoire de l’art occidental, il n’existe pas l’équivalent d’un Requiem ou d’une Pieta chorégraphiques. Or l’art de la danse, notamment à la période baroque, a aussi acquis ses lettres de noblesse, mais dans l’art profane seulement. Ici, en mariant musique baroque et danse contemporaine, la démarche n’est pas une “relecture” de l’oeuvre de Bach mais bien une interprétation avec une dimension nouvelle, où cette cantate pour alto solo devient un duo entre un narrateur chanteur et son âme représentée par la danseuse. L’ambition de ce projet est donc de considérer que la danse peut-être aussi légitime que la musique comme “art sacré”.

Une instrumentation originale

 

La double originalité de ce programme réside donc à la fois dans son aspect chorégraphique et dans son instrumentation intimiste. Qui mieux que l’accordéon pourrait imiter à la fois la plainte du hautbois, la chaleur des cordes, et rendre dynamique un “continuo de poche”? A l’instar d’un orgue, la variété de ses registres lui donne une large palette d’expressions nécessaires aux changements d’atmosphère de la cantate. Avec le violoncelle, dont le timbre rappelle celui du chanteur, ils forment un orchestre intime pour conduire la voix d'alto à travers ce chemin.

Cristelle gouffé

 

Originaire de Montauban, elle a effectué ses études de chant au Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse dans la classe d’Anne Fondeville. Elle obtient son prix de chant en 2013. Tout au long de son parcours, elle participe à des classes de maîtres aux côtés de Léontina Vaduva, Philippe Cassard, Mady Mesplé, Udo Reinemann, Nadine Denize et Daniel Ferro. Aujourd’hui elle poursuit son perfectionnement avec Didier Laclau-Barrère.

Elle est soliste dans de nombreuses œuvres telles que la Messe du Couronnement et les Vêpres solennelles de W.A Mozart au Victoria Hall de Genève, le Stabat Mater de G.Rossini, le Stabat Mater d’A. Dvořák. Elle est également soliste dans la Misa Tango et le Tango Credo de M. Palmeri. Pour ces occasions le compositeur a fait l’honneur de sa présence en tant que pianiste. À l’opéra elle a tenu les rôles de l'écureuil et du pâtre dans L’Enfant Et Les Sortilèges de M. Ravel au théâtre du Capitole de Toulouse, et le rôle de Miss Baggott dans Le Petit Ramoneur de Benjamin Britten au théâtre Jules Julien de Toulouse. Elle a été La Zia dans Madame Butterfly de G. Puccini à l’Opéra de Limoges, Siebel dans l’opéra Faust de C. Gounod au Zénith d’Orléans puis Carmen dans La tragédie de Carmen, une réécriture par Marius Constant de l’œuvre de G. Bizet à Narbonne. Elle se produit aussi en récital dans plusieurs festivals en France, (Périgord Pourpre, Musique en Vignes Dans Le Frontonnais, Automne Musical En Vallespir, Moments Musicaux Du Tarn...). Elle est régulièrement invitée à chanter les Cantates de J-S. Bach avec l’Ensemble baroque de Toulouse lors des Cantates sans filet. Elle est la chanteuse de Café de Maurizi, un sextuor pour voix lyrique, cordes et piano. L’ensemble joue les musiques transcrites et composées par Oreste Eugène de Maurizi et fait redécouvrir de nombreux thèmes récurrents des musiciens tziganes. L’ensemble sort son premier album Tes Yeux Noirs Gipsy en 2019 distribué sous le Label Maguelone.

 

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