Récital de piano à quatre mains
Cédric Boyer et Emmanuel Pélaprat, piano
Mozart: Sonate Kv 417
Debussy: Petite Suite
Godard: Pièces Symphoniques
Dvorak: Danses Slaves
Un concert de piano à quatre mains est une expérience rare : le répertoire de cette formation, bien que méconnu, est de première importance : inauguré par Mozart et J. C. Bach, le corpus de musique à quatre mains est particulièrement vaste et fascinant et recèle de véritables chefs-d’œuvre.
Il contient quantité de pièces originales ainsi que d’innombrables transcriptions qui constituaient, avant l’arrivée de l’enregistrement, le seul moyen d’entendre chez soi et dans les salons de la musique symphonique.
Le choix des programmes de Cédric Boyer et Emmanuel Pélaprat est au centre des exigences du duo : il procède d’un subtil mélange entre œuvres consacrées et pièces plus méconnues en conciliant variété des œuvres et réception du public.
Le récital donné dans le cloître de l’Abbaye de Flaran permettra d’entendre la monumentale sonate Kv 497 de Mozart, la plus importante de ses cinq sonates pour piano à quatre mains, très rarement jouée et pourtant géniale ! Elle fut pour lui l’occasion, en 1786, de revenir à un genre qu’il n’avait plus abordé depuis l’adolescence. Ce qui frappe avant tout, c’est le traitement orchestral du piano : on croirait entendre une symphonie ou un concerto pour piano…
Autre grande page de la littérature du quatre mains, la Petite Suite de Debussy est conçu pour un cadre plus intimiste, et si l’on en croit son auteur, elle « ne cherche humblement qu’à faire plaisir ». Ecrite en 1889, elle est d’un tel raffinement dans les recherches des sonorités qu’elle ne put échapper à l’orchestration ; pourtant son cadre primitif reste infiniment attachant et le charme qui s’en dégage lui confère une place particulière dans le répertoire.
Les Pièces symphoniques de Godard seront assurément une découverte ! Pourtant la réputation de ce musicien français était aussi importante que celles de ces contemporains les plus connus : Saint-Saëns, Massenet, Bizet, etc. On ne se rappelle guère aujourd’hui que la Berceuse de son opéra Jocelyn, pourtant, il laisse malgré sa mort prématuré un catalogue très important, abordant tous les genres. Ce romantique dans l’âme doit certainement son oubli à l’évolution de la musique du début du XXe siècle mais il est la preuve qu’une partie de notre patrimoine musical reste à découvrir !
Pianiste concertiste, Cédric BOYER reçoit sa formation au Conservatoire National de Région de Toulouse et au Conservatoire de Pau. Titulaire du diplôme d’études musicales (prix de piano, de musique de chambre et d’histoire de la musique), il poursuit ses études à Paris et obtient un prix de perfectionnement au Conservatoire National de Région de Versailles et un premier prix de piano (mention très bien) au Conservatoire National de Région d’Aubervilliers La Courneuve. Il joue également du piano-forte (ancêtre du piano moderne), dont il est diplômé du Conservatoire de Toulouse. Au cours de ses brillantes études, il reçoit les encouragements et le soutien de tous ses professeurs. Il est par ailleurs titulaire d’une maîtrise d’histoire, obtenue à l’université de Toulouse-Le Mirail.
Suite à un concours, il est nommé, en juin 2007, pianiste attitré du ministère de la Défense et joue à ce titre à l’Hôtel des Invalides à Paris.
Outre son activité de soliste (palais des Archevêques de Narbonne, église Saint-Merry de Paris, auditorium de Caen, Chapelle Royale de Rodez, musée Ingres de Montauban, abbatiale Sainte-Foy de Conques…), Cédric Boyer est un partenaire privilégié de nombreux musiciens avec lesquels il se produit en formations de musique de chambre. Il constitue également avec Emmanuel Pélaprat un duo de piano à quatre mains, et participe à plusieurs festivals (festival les Valdéennes, les Nuits Musicales en Armagnac, festival de Caunes Minervois…).
Pédagogue passionné, ses qualités en font un professeur recherché. Il enseigne le piano au Conservatoire de Saint-Germain-en-Laye, au Conservatoire du Ve arrondissement de Paris, et dans différentes académies musicales d’été. Il accompagne ponctuellement la maîtrise de Radio France.
Cédric Boyer est un musicien raffiné et exigeant dont l’élégance du jeu révèle tout son travail sur l’art du phrasé et sur la recherche de la beauté du son. La finesse de ses interprétations en fait un pianiste vraiment singulier.
La pratique du piano-forte influence et enrichit son approche du répertoire classique sur piano moderne. Elle lui a aussi permis d’aborder tout particulièrement les Sonates de Haydn, et de donner en concert le cycle du Voyage d’hiver de Schubert.
Son répertoire de prédilection s’articule autour des œuvres de Mozart, celles des grands romantiques et celles du répertoire russe de la finn du XIXe s.
Emmanuel PÉLAPRAT est un musicien à part dans le paysage musical français : il cultive avec bonheur une carrière d’interprète aux multiples facettes, et de chercheur, deux activités complémentaires pour cet insatiable de musique, toujours à la recherche de nouvelles découvertes.
Né à Toulouse, il étudie d’abord au Conservatoire de cette ville à laquelle il reste très attaché, notamment avec Jan Willem Jansen pour le clavecin et Michel Bouvard pour l’orgue, et y remporte sept récompenses, avant d’entrer au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris, où il obtient deux Diplôme de Formation Supérieure, mention Très Bien ; il fait partie de la poignée de musiciens qui obtint trois Premiers Prix la même année, dans des disciplines différentes.
Depuis longtemps attiré par la recherche, il intègre ensuite la filière universitaire et soutient dès sa deuxième année un Master 2 à Tours. Reçu deuxième à l’agrégation, il est nommé trois ans plus tard membre du jury de ce concours. Actuellement, Emmanuel Pélaprat est professeur à l’université de Bordeaux III. Toutes ses activités de recherche sont tournées vers un même but : la remise en valeur de partitions injustement oubliées.
Bien que se produisant dans un large répertoire, du baroque à nos jours, la musique française romantique constitue son principal centre d’intérêt ; il participe plus particulièrement à la redécouverte du compositeur toulousain Aymé Kunc (1877-1958) et de Benjamin Godard (1849-1895). Avec l’Ensemble Vocal de l’Armagnac (fondé en 1962) qu’il dirige depuis 2006, il interprète des œuvres de Guilmant, Gounod, Fauré, Saint-Saëns et exhume pour le festival international Toulouse les orgues la Messe Solennelle de Saint-Étienne, op. 97, d’Henri Büsser (1872-1973), autre compositeur toulousain, pour solo, chœur, cuivres et deux orgues.
En tant qu’interprète, au piano, à l’orgue ou au clavecin, il a travaillé avec l’Orchestre National de Chambre de Toulouse, A Sei Voci, Les Sacqueboutiers de Toulouse, etc., et a accompagné de nombreux solistes (Maurice André, James Bowman, Isabelle Poulenard, Alain Moglia, Michel Debost, etc .) Ses activités l’ont amené à enregistrer pour France-Musique. Ses partenaires privilégiés sont la soprano Sonia Sempéré (récitals de mélodies ou de et lieder) et le pianiste Cédric Boyer avec qui il explore le répertoire à quatre mains en interprétant les grandes œuvres de cette formation aussi bien que les œuvres tombées dans l’oubli ou les transcriptions.
Emmanuel Pélaprat est également co-titulaire du grand orgue Eugène Puget (1878) de l’église Notre-Dame du Taur à Toulouse avec Jean-Claude Guidarini avec lequel il forme un duo original à quatre mains. On leur doit dernièrement un des concerts d’inauguration de l’orgue Jean Daldosso (2009) à Urrugne.
Conciliant son goût pour la recherche et la musique romantique, Emmanuel Pélaprat se passionne également pour l’harmonium d’art, instrument injustement méconnu, souffrant de la réputation des mauvais instruments que l’on rencontre encore de nos jours, et de la difficulté à en maîtriser la technique. Il reste cependant le seul instrument polyphonique expressif, qualité suprême de la musique romantique : c’est donc le partenaire idéal du piano et de la voix, et de nombreux compositeurs ont écrits pour lui (Franck, Saint-Saëns, RachmaninoV, Schoenberg, Strauss, etc.) Emmanuel Pélaprat vient d’interpréter dernièrement la Petite Messe Solennelle de Rossini sous la direction de Sir John Eliot Gardiner.
Son exigence dans l’approche du texte l’a naturellement amené vers les instruments historiques du XIXe siècle dont il possède une collection. Ses facteurs de prédilection sont Mustel pour l’harmonium et Érard pour le piano dont il joue un modèle « extra-grand de concert » de 90 notes (1884) « piano de concert le plus raffiné jamais conçu » selon E. M. Frederick (Encyclopedia of Keyboard Instruments, 1994).
Emmanuel Pélaprat est également compositeur : il a écrit de la musique de chambre et sa Missa Signum magnum pour soprano, trois chœurs, violon, percussions, célesta et deux orgues a été donnée au festival Toulouse les orgues. C’est un directeur artistique recherché par les maisons de disques pour lesquelles il rédige régulièrement des livrets.
Enfin, plusieurs importantes réalisations discographiques sont prévues pour 2010.





