Orchestre National du Capitole de Toulouse
Rossini : ouverture de la Pie Voleuse
Vivaldi : Concerto pour basson
Schubert : Ouverture D 556
Symphonie n°9 en ut Majeur, "la Grande"
Lionel Belhacene, basson ; Jean-François Verdier, direction
L’Orchestre National du Capitole de Toulouse, formation de renommée internationale, ouvre traditionnellement le festival.
Cette année, l’ONCT interprétera le Concerto pour basson d’Antonio Vivaldi, à l’origine joué par les orphelines de la Pieta à Venise, et la Symphonie n°9 de Schubert, retrouvée et diffusée par Schumann. Vous trouverez une description de ces œuvres plus bas, ainsi qu’une brève biographie de leurs auteurs.
Nous avons le plaisir de vous présenter également le chef d’orchestre Jean-François Verdier, présent sur nombre de grandes scènes nationales et internationales, et Lionel Belhacène, le bassoniste, soliste pour l’ONCT depuis 1990.
Les œuvres :
Gioachino ROSSINI
1792-1868
Fils de musiciens itinérants, autodidacte, compositeur précoce et alerte, Rossini est une des grandes figures de l’opéra du XIXè siècle. Admiré dans toute l’Europe, il sut à la fois plaire et innover. Après avoir cultivé l’opera seria (Tancrède, 1813), et le dramma giocoso (L’Italienne à Alger, 1813) où plane encore l’ombre de Mozart, il compose le premier opéra romantique en 1819 avec La donna del lago ; dix ans plus tard, il achève sa carrière à l’opéra avec Guillaume Tell qui est un semi-échec ; il a trente-neuf ans et n’écrira plus qu’un Stabat mater (1841) et une Petite messe solennelle (1863).
Ses ouvertures d’opéras sont autant de petits chefs-d’oeuvre orchestraux où il révèle son talent d’orchestrateur.
La gaza ladra « La pie voleuse », ouverture (1817)
L’opéra fut créé à Milan en 1817. Son ouverture est l’une des plus célèbres de Rossini, presque autant jouée que celle de Guillaume Tell. Elle est construite en deux parties et s’ouvre sur des roulements de tambours impressionnants qui donnent d’emblée un ton dramatique; une marche de grande allure, maestoso marziale précède le premier thème, allegro con brio, et s’enchaîne à un crescendo somptueux ; le deuxième motif, plus chantant, fait alterner hautbois et flûte ; un nouveau roulement de tambour annonce le crescendo final où l’orchestre au complet produit un effet théâtral particulièrement réussi. Stendhal la qualifiait de « brillante de verve et de feu ».
Durée de l’œuvre : 7’ environ.
Antonio VIVALDI
1675 - 1741
Vénitien, violoniste virtuose, Antonio Vivaldi fut ordonné prêtre sans jamais « officier » : invoquant une santé précaire, il fut exempté des devoirs de sa charge. Il consacra toute sa vie à la musique, à la fois comme exécutant, professeur, chef d’orchestre et compositeur.
Figure essentielle de la vie musicale de Venise au XVIIIè siècle, il a composé dans tous les genres : de très nombreux opéras, de la musique religieuse… mais c’est surtout dans la forme du concerto qu’il se montra précurseur ( il enthousiasma Bach qui transcrira nombre de ses œuvres). Grand voyageur, il publia la majeure partie de son oeuvre à Amsterdam. Quoique reconnu par tous les mélomanes d’Europe, il meurt à Vienne dans le dénuement le plus complet à l’âge de 59 ans.
Concerto pour basson et orchestre en mi mineur, RV 484
Allegro poco
Andante
Allegro
Vivaldi a écrit des concertos pour la plupart des instruments existant à son époque ; il a particulièrement soigné le basson en écrivant pour lui trente-sept morceaux. Ils furent très vraisemblablement écrits pour les instrumentistes de la Pieta, institution où il occupa des fonctions de professeur de composition, de « Maestro de concerti » et « Maestro di coro » de 1703 à 1740.
La Pieta était l’une des quatre fameuses écoles de musique vénitiennes pour jeunes filles orphelines, bâtardes ou abandonnées, qu’on éduquait pour jouer de la musique.
Le président de Brosses, dans ses Lettres d’Italie affirme qu’aucun instrument ne faisait peur à ces demoiselles et qu’elles excellaient dans tous ; et Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions, vante les mérites de ces exécutantes renommées dans toute l’Europe.
Violoniste lui-même, Vivaldi a largement utilisé pour le basson la technique du violon, notamment les dialogues entre les registres et les gammes arpégées.
Franz SCHUBERT
1797-1828
Musicien viennois par excellence, Schubert n’a jamais quitté sa ville natale. Dès l’âge de vingt ans, il se consacre à la composition, mais bien peu de ses chefs-d’œuvre seront créés de son vivant. Son important catalogue de musique de chambre reflète la richesse de la musique « amateur » de la Vienne de la première moitié du XIXè siècle ; mais il a abordé aussi d’autres genres, tels que l’opéra (sans réussite), et la symphonie ; ses neuf symphonies jalonnent un parcours créatif intarissable à mi-chemin entre classicisme et romantisme.
Symphonie n° 9 en ut majeur D 944, « La Grande ».
Andante ; Allegro ma non troppo
Andante con moto ; Scherzo allegro
Allegro vivace
Bien que datée par Schubert lui-même de mars 1828, il apparaît maintenant que la Neuvième symphonie fut commencée dès 1825-1826, soit guère plus d’un an après la Neuvième de Beethoven.
Schubert y travailla donc pendant trois années et c’est seulement en février 1828, qu’il en fait mention dans une lettre à son éditeur Schott. Remise à la Société des Amis de la Musique dans le courant de la même année, elle fut refusée, jugée trop longue et trop difficile.
Après la mort de Schubert, son frère Ferdinand conserva la partition ; c’est chez lui que Robert Schumann la découvrit dix ans plus tard. Il la proposa immédiatement à Félix Mendelssohn à Leipzig. La création eut lieu le 21 mars 1839. Schumann, qui y assistait, relate l’effet extraordinaire qu’elle produisit sur le public et sur lui-même.
Dans l’article qu’il écrivit en 1840 sur la symphonie, il y avait cette fameuse expression : « […] cette ampleur toute divine de la symphonie, pareille à un fort roman en quatre tomes, une œuvre de Jean-Paul par exemple, qui ne peut non plus jamais finir, et pour les meilleures raisons du monde à vrai dire, car c’est aussi laisser le lecteur imaginer la suite ! » ; elle devint dans la traduction « de célestes longueurs… » au lieu de « l’ampleur toute divine ». Cette malheureuse traduction, largement reprise dans la musicographie
française eut pour effet de remiser la symphonie de Schubert, entachée de « longueurs ».
Pourtant, à la création de Leipzig assistait aussi le musicologue Fétis, qui en fit l’éloge dans sa revue (La Revue Musicale, 1840 n° 2) : « On vient d’exécuter aux concerts dirigés par M. Mendelssohn-Bartholdy dans le Gewandhaus, une symphonie de Franz Schubert qui a produit le plus grand effet. Nous souhaitons aux amateurs de musique de Paris d’entendre cette belle œuvre dans quelques-uns des concerts du Conservatoire ». De fait, en 1842, Habenek, directeur des concerts du Conservatoire fit une tentative pour la créer à Paris, mais les musiciens de l’orchestre refusèrent de la joueur… Mendelssohn eut le même problème en 1844 à Londres… Désormais la Neuvième de Schubert, la toute première symphonie qui atteint une pareille dimension en s’en tenant exclusivement aux seules ressources de l’orchestre, a gagné la faveur du public.
Cette symphonie dite « La Grande » n’en finit pas d’être découverte et appréciée de nos jours, témoin cette évocation récente de Michel Chion (La symphonie à l’époque romantique. Paris : Fayard, 1994) qui l’étudie d’un point de vue original : « Un principe important dans cette musique qui se déploie avec une liberté que Schubert ne s’est jamais autorisée à une échelle aussi large, est celui « d’énergie cinétique » : la musique fabrique son énergie en avançant, une énergie cinétique fondée avant tout sur le rythme comme principe moteur du développement. Le rythme est transmis dans les différentes parties instrumentales, comme le sang qui donne la vie circule dans des artères et des veines dans l’ensemble du corps. C’est ce qu’on peut appeler « l’irrigation rythmique ». […]
Durée de l’œuvre : 50’ environ.
Les artistes :
Orchestre National du Capitole de Toulouse
Depuis le 1er septembre 2008, le chef russe Tugan Sokhiev est directeur musical de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, après avoir été pendant 3 ans premier chef invité et conseiller musical de la formation toulousaine.
Créé au début du XIXe siècle pour les saisons d’opéras du Théâtre du Capitole, l’Orchestre du Capitole de Toulouse s’est affirmé comme orchestre symphonique après 1945. André Cluytens et Georges Prêtre l’ont dirigé. L’arrivée de Michel Plasson en 1968 a été une étape décisive dans la vie de l’Orchestre. Sous sa direction, sa vocation symphonique s’est considérablement développée. Il a entrepris de nombreuses tournées hors de France et a enregistré avec Emi France plus d’une soixantaine de disques.
L’effectif de l’Orchestre est passé à 104 musiciens dans le cadre du plan du renouveau musical lancé par Marcel Landowski, et en 1980, le Ministre de la Culture lui a décerné le titre d’ « Orchestre National ».
Michel Plasson a quitté la tête de l’Orchestre National du Capitole en août 2003, et en est chef d’orchestre honoraire.
L’Orchestre présente sa saison symphonique à la Halle aux Grains de Toulouse, donne des concerts de décentralisation régionale et assure la saison lyrique et chorégraphique du Théâtre du Capitole. Il est l’invité régulier de nombreux festivals (Piano aux Jacobins, Toulouse les Orgues, Présences de Radio France, Nuits de Fourvière, Chorégies d’Orange…) et salles de concert. En 2009/2010, il est programmé pour deux concerts à la Salle Pleyel à Paris. De nombreuses tournées à l'étranger lui permettent également de se faire connaître par un public international, comme la tournée européenne de 11 villes qu’il a réalisée en 2008/2009, ou bien encore celles qui sont prévues notamment en Chine/Japon et Allemagne/Autriche en 2009/2010.
Tugan Sokhiev et l’Orchestre National du Capitole ont déjà enregistré deux disques chez Naïve : Tableaux d’une Exposition de Moussorgski-Ravel/Symphonie n°4 de Tchaïkovski (2006) et Pierre et le Loup de Prokofiev, avec la participation de Valérie Lemercier (2007).
En 2008, l’Orchestre a reçu une « Victoire d’honneur » à l’occasion de la 15e édition des Victoires de la Musique Classique qui s’est déroulée à la Halle aux Grains de Toulouse.
Karol Beffa a été le compositeur en résidence de l’Orchestre de septembre 2006 à la fin de la saison 2008/2009. Dans le cadre de cette résidence, il a notamment composé un Concerto pour violon pour Renaud Capuçon (2008) et un Concerto pour piano pour Boris Berezovsky (mai 2009), deux œuvres créées par les dédicataires, sous la baguette de Tugan Sokhiev.
L’association Aïda est partenaire de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse ; elle le soutient en particulier dans sa politique discographique et lors de tournées internationales.
Jean-François Verdier, direction
Jean-François Verdier mène brillamment une carrière riche de plusieurs facettes.
Présenté tout d’abord comme l’un des meilleurs clarinettistes de sa génération,super-soliste de l’Opéra National de Paris/Bastille (après avoir été membre de l’Orchestre du Capitole de Toulouse, sa ville natale, pendant six ans) il est également enseignant au CNSM de Paris.
Lauréat de plusieurs concours internationaux dans plusieurs disciplines : Tokyo, Vienne, Anvers, Colmar, et Lugano, il est aussi invité à jouer avec les plus grands orchestres du monde (Concertgebouw d’Amsterdam, Philadelphia Orchestra…) sous la direction de Leonard Bernstein, Seiji Ozawa, Riccardo Muti, Pierre Boulez, Zubin Mehta, Christoph von Dohnanyi, Esa Pekka Salonen, Wolfgang Sawallisch, Armin Jordan ou Valery Gergiev…
Il collabore ainsi avec des artistes célèbres: Rolando Villazon, Susan Graham, Julia Migenes, Ludovic Tézier, Béatrice Uria Monzon, Inva Mula, Nadine Denize, Olivier Charlier, Jean-François Heisser, Laurent Korcia, Régis Pasquier, Nemanja Radulovic…
Chef en résidence de l’Orchestre National de Lyon depuis 2008, il est nommé directeur de l’Orchestre Régional de Besançon-Franche Comté en 2010.
Lionel BELHACENE, bassonLionel Belhacène est né le 12 janvier 1970 à Moulins.
Il commence ses études de basson dès l’âge de huit ans à l’Ecole de Musique de Moulins. Il obtient ensuite une Médaille d’Or à l’unanimité avec félicitations du jury à l’Ecole Nationale de Musique de Nevers à l’âge de quinze ans, ainsi que le Premier Prix à l’unanimité avec félicitations du jury au Conservatoire National de Région de Rueil Malmaison dans la classe de Mr. Audin, en 1987.
En 1990, il sort du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec le Premier Prix à l’unanimité.
Depuis Avril 1990, il est soliste à l’Orchestre National du Capitole de Toulouse. Il se produit régulièrement en soliste et en concerts de Musique de Chambre (Octuor et Quintette à vent).




