Petite histoire des Nuits Musicales en Armagnac


HISTORIQUE DU FESTIVAL

 

Les Nuits Musicales en Armagnac sont nées en 1968 avec la Passion selon saint Jean donnée dans la collégiale de Flaran par un ensemble allemand de Tübingen (dir Horst Stegmann). Notre maître André Clarac, fondateur et chef, depuis 64, de l’Ensemble Vocal de l’Armagnac, avait reçu de Pierre Host, directeur des sessions de Saint-Céré, l’idée de cette entreprise.  Jusqu’en 79, les NMA ont donné tous les ans (sauf en 72), dans la cathédrale de Condom, un grand oratorio venu de Saint-Céré (les deux  Passions  de Bach,  le Requiem  de Mozart, celui de Verdi, le Messie  de Haendel,  la Création  de Haydn, et même la Neuvième Symphonie de Beethoven…). Le public avait faim de ces classiques, et dans la grande cathédrale Saint-Pierre, toujours pleine, beaucoup prenaient avec les chefs-d’œuvre du répertoire un contact éblouissant, souvent initiateur…

 

En 1979, les Nuits Musicales en Armagnac organisent leurs propres sessions, et préparent sur place (au lycée de Condom) une production majeure chantée à la cathédrale ou à l’abbaye de Flaran, et rayonnent dans la contrée, donnant plusieurs concerts avec les solistes engagés. Les NMA font alors, sous la direction musicale de José Aquino, leur première incursion dans l’opéra : l’Orfeo de Monteverdi est ‘monté’ en notre abbaye gasconne, dans une version scénique, en 1980. En 82, ce sera Didon et Enée, de Purcell (notre cher Jean Brena en est le décorateur). Les grands oratorios ne sont pas oubliés (la Grande messe des morts de Berlioz, Jeanne au bûcher de Honegger / Claudel, la Messe en si mineur de Bach… alternant avec les grandes œuvres symphoniques que vient diriger Michel Plasson à la tête de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse…

 

Depuis 1997,  Jean-François Gardeil met en scène une œuvre lyrique (avec ses chanteurs d’Opéra de Gascogne et des Chants de Garonne ainsi que des solistes professionnels) : on a pu entendre (et voir), le plus souvent sous les cloîtres de Condom, Poulenc, Purcell, Monteverdi, plusieurs fois Offenbach… L’œuvre est préparée sur place (aujourd’hui au lycée « Saint-Joseph » de Lectoure), avec une ardeur joyeuse ! La création n’est pas seulement dans la mise en scène : ainsi en 2006, un prologue de Marc Bleuse, Masques, commandé à cette occasion, annonçait le Didon de Purcell, si bien chanté et joué par Guillemette Laurens. (Une Flûte enchantée est déjà dans les cartons…)

 

 

 L’Orchestre National du Capitole de Toulouse ouvre généralement la saison des NMA (souvent à Lectoure, cette année à Condom). L’O.C.N.T. nous demeure très fidèle : merci à ses chefs et à ses administrateurs… La présence d’un tel orchestre suffit à dire l’exigence de qualité à laquelle est tenue notre saison musicale !

 

Des artistes de tout premier plan sont chaque année au programme : en 2007, Béatrice Uria-Monzon vint donner un récital (son troisième chez nous, où elle commença l’apprentissage du chant…) ; il y a trois ans, Michel Serres commentait les Sept paroles du Christ de Haydn, que jouait le quatuor Ysaÿe (de nombreux quatuors à cordes se sont déjà produits chez nous). Cette année, le pianiste de renom Bertrand Chamayou viendra interpréter entre autres des œuvres de Mendelssohn et Liszt.

 

Chaque année aussi, nous invitons de jeunes artistes que leur talent nous semble destiner à une grande carrière : nommons pour 2009, la soprano Aurélie Fargues, la mezzo soprano Gaëlle Mallada et l’organiste Pauline Koundouno.  Les compositeurs d’aujourd’hui sont bien reçus aux NMA : notre ami Roger Tessier, de L’Itinéraire, a monté plusieurs concerts avec nous…

 

La caractéristique du festival est peut-être l’importance donnée à la  musique vocale : opéras, chœurs, ensembles vocaux, récitals de solistes… (cette année quatre concerts vocaux sur six).

 

L’abbaye de Flaran est le centre (dirons-nous ‘spirituel’ ?) de notre entreprise musicale. Sa collégiale et ses cloîtres du XIIème, la cour d’honneur de son logis abbatial XVIIIème, abritent tour à tour nos soirées, depuis la première de l’été 68. Si l’église fait sonner des ensembles vocaux (surtout pour la musique religieuse - Marel Pérès et Organum y furent souvent reçus), le cloître convient à merveille aux récitals de piano et à la musique instrumentale de chambre. C’est pour l’animation musicale d’été de ce haut lieu gascon, devenu ‘Centre Culturel’ mais où se respire toujours la paix contemplative des édifices romans, que le Conseil Général du Gers nous a donné mission et soutien. Tous les étés nous y offrons trois concerts ; au fil des ans, l’habitude se fixe d’en donner un, sur thème religieux, l’après-midi du 2ème dimanche d’août, après la messe chantée organisée le matin par Les Amis de Flaran  (qui sont aussi les nôtres !) Outre Flaran, nous montons des concerts à Lectoure, à Condom, à Terraube… et volontiers en quelques autres hauts lieux du nord-ouest de notre département. La première quinzaine d’août en est l’épicentre, mais c’est pendant les trois mois d’été que les Nuits Musicales en Armagnac proposent au public gascon et aux amis visiteurs leur guirlande de réjouissances. Le Gers ne manque certes pas de musiques estivales, dont les divers genres sont fort bien illustrés ! Il est sûrement bon qu’il ait aussi, durant l’été, un grand festival classique.